Bouquinage #1 : La révolution antispéciste

Je sors de la lecture du livre La révolution antispéciste, édité aux PUF et paru la semaine dernière, auquel ont contribué Yves Bonnardel, Thomas Lepeltier, David Olivier, Estiva Reus et Pierre Sigler. Et je pense pouvoir dire sans exagérer que j’ai une nouvelle référence à proposer aux francophones curieux qui voudraient s’initier à l’antispécisme et même l’approfondir. Vu que ma référence précédente était la Libération animale de Peter Singer, paru en 1975 (je ne sais pas de quand date la traduction française), c’est pas peu dire.

Pour moi, un certain nombre de livres animalistes francophones ne vont pas assez au fond des choses (j’écarte ici les livres « thématiques »). Certains font certes plaisir à lire, parce que ce sont des livres militants, ou parce qu’ils sont bien écrits, mais j’ai toujours trouvé que beaucoup manquaient d’un je-ne-sais-quoi, comme disent les anglophones qui citent les francophones. Certains sont peut-être un peu trop superficiels (ce n’est pas un gros mot), d’autres semblent ne pas savoir quel public ils visent (à quoi sert-il de convaincre des militants déjà convaincus ?), d’autres enfin mettent le paquet sur la compassion, alors que, selon moi, c’est davantage une histoire de raison, d’éthique et de justice. Mais ceci est un détail, et je suis très content que de plus en plus d’ouvrages voient le jour pour défendre, en vrac, véganisme, animalisme, antispécisme, etc. Et surtout, c’est très subjectif tout ça.

La révolution antispéciste, donc. En l’espèce (haha), je pense que plusieurs publics peuvent lire cet ouvrage à profit : les animalistes qui se posent des questions sur des aspects particuliers de notre combat/cause/mouvement/philosophie, mais aussi les autres, qui souhaiteraient découvrir un argumentaire cohérent, rationnel et scientifique sur l’antispécisme et ses conséquences. Plus cohérent que, disons, ce que nous présentent souvent les médias ou certains militants eux-mêmes. En effet, à mon sens, on peut ne rien connaître de l’antispécisme et comprendre le principal en lisant ce livre. Le problème majeur, c’est qu’on risque d’en sortir convaincu… Mais chut, ça risque de faire fuir.

Composent ce livre des textes inédits et des textes – remaniés – déjà parus dans les Cahiers antispécistes. Les auteurs abordent les thèmes fondamentaux de l’antispécisme (spécisme, sentience)… et un peu plus. Appréhender le concept de sentience, puis saisir l’inanité du spécisme, cette idéologie invisible et dominante, ou invisible parce que dominante, cela suffit en principe à comprendre pourquoi l’antispécisme coule de source. En pratique, on sait que cela est plus complexe, et les auteurs abordent également des thèmes annexes : déconstruction de l’idée de Nature, utilitarisme, prédation…

Il n’est pas question ici de faire un compte-rendu exhaustif de ce livre ; je n’en aurais pas le temps. En revanche, si ça peut vous mettre l’eau à la bouche… Bon, si ça coule sur les pages, ce sera pas de ma faute. Et c’est dégoûtant. En tout cas, j’espère ne pas trahir les pensées des auteurs. Sinon, mea culpa. Et oui, je suis conscient du mauvais cropping de l’image. Je gère, je gère.

Dans un premier chapitre, David Olivier nous présente le spécisme, et, du coup, l’antispécisme. Et non, ce dernier ne revient toujours pas à dire vache = humain, pour ceux du fond qui n’écoutaient pas. Il explique aussi que l’antispécisme n’est pas, pour lui – et je suis d’accord – une histoire de sensiblerie zoocentrée :

« Je ne suis pas plus « défenseur des animaux » que ceux qui luttaient contre l’esclavage n’étaient des « défenseurs des Nègres » comme les appelaient les racistes ; je défends des animaux opprimés, humains ou non, non par lubie, non par vocation, non parce que « j’aime les animaux » comme d’autres « aiment les fleurs » ; je défends les animaux et en particulier les animaux non humains parce que mon intention est de défendre tous les êtres sensibles, quels qu’ils soient ; parce que le seul critère qui justifie de prendre en compte les intérêts d’un être est qu’il ait des intérêts ». (p. 27)

David Olivier s’attaque également aux justifications absurdes – et ad hoc – que l’homme donne pour expliquer l’exploitation animale :

« On évoque de nombreuses raisons pour justifier ce que l’on fait aux animaux. Pour leurs inventeurs, la vérité à démontrer est donnée d’avance. […] Tout caractère peut servir, pourvu qu’il semble « noble » et propre aux humains. L’outil était « le propre de l’Homme », […] mais certains chimpanzés en fabriquent aussi, et ce filon est tombé à l’eau. Autre filon : le langage. On a dit que les animaux n’avaient pas de langage mais, comme les chiens savent hurler, on a précisé : langage articulé. Depuis, on a appris à certains singes le langage gestuel des sourds-muets humains, syntaxe comprise […] et on a abandonné aussi ce filon-là ». (p. 42)

Dans un deuxième chapitre, Pierre Sigler nous parle de conscience, et de ce que la science nous apprend sur le sujet. Il dresse aussi un tableau récapitulatif de nos connaissances d’aujourd’hui (et des limites de celles-ci), qui permettent de déterminer, par l’intermédiaire d’arguments évolutifs, neurologiques et comportementaux, quels animaux sont sentients, avec des degrés divers de certitude. Sachant que la sentience n’est pas un tout ou rien.

Il nous parle ensuite, dans un troisième chapitre extrêmement riche et documenté, de la vie mentale des animaux. Passionnant, pour qui est comme moi une bille en éthologie, malgré une enfance passée à regarder des documentaires animaliers et à lire des bouquins sur les animaux. La vie mentale des animaux, ça ressemble parfois à un film de Disney :

« L’altruisme (un comportement coûteux pour soi mais bénéficiant à autrui) est très répandu dans le monde animal. Dans certains cas […] il peut s’expliquer autrement que par l’empathie. Dans d’autres, elle semble jouer un rôle prépondérant. En 1998 en Pennsylvanie, lorsqu’une certaine Jo Ann Altsman a eu une crise cardiaque, LuLu, le cochon « nain » vietnamien de sa fille, a filé par la trappe pour chien dans la rue et s’est allongé en travers de la route. Quand enfin un automobiliste s’est arrêté, LuLu l’a conduit auprès de Jo Ann : il a pu appeler une ambulance et Jo Ann a survécu ». (p. 98)

Et parfois à un vaudeville :

« La vie sociale n’est pas faite que de coopérations. Souvent, les animaux utilisent ce qu’ils savent du fonctionnement de leurs congénères pour dissimuler, tromper, manipuler. Les exemples sont légion, depuis les animaux qui poussent un faux cri d’alarme pour que leurs congénères prennent la fuite afin de s’accaparer de la nourriture, jusqu’aux guenons qui, lorsqu’elles copulent avec un mâle dominé, se cachent derrière un buisson et ne poussent aucun cri pour ne pas se faire surprendre par le mâle dominant ». (p. 102)

« L’intelligence machiavélienne », qu’on appelle ça. Quels salauds, ces animaux.

Yves Bonnardel ouvre la boîte de Pandore (spoiler alert : ce ne sera pas la seule) dans un quatrième chapitre consacrée à la pseudo-souffrance et à la pseudo-conscience des plantes. Le cri de la carotte, quoi. Rappelons d’ailleurs que même si les plantes souffraient, ne pas cautionner la viande serait le meilleur moyen de les sauver, puisqu’il faut 5 à 10 g de protéines d’origine végétale pour produire 1 g de protéines d’origine animale. Parce que les animaux, avant se se retrouver dans notre assiette, mangent aussi. Si, si. Rappelons aussi que, d’après un sondage Harris Interactive, 98% des gens qui nous sortent le cri de la carotte n’en ont absolument rien à carrer (haha) de la souffrance des plantes, mais je diverge. L’évolution nous donne des pistes de réponse :

« On ne voit guère de quelle utilité évolutive serait la conscience pour les plantes. Dans le règne animal, elle joue un rôle considérable dans la vie et la survie des individus et par conséquent dans leur reproduction et leur capacité de transmission du patrimoine génétique. L’anxiété, la peur, la douleur, […] poussent l’animal à réagir : par la prudence, par la fuite, l’attaque, en prenant soin de lui-même… Ces sensations et émotions sont un atout dans la mesure où l’être concerné est mobile, où il peut se déplacer, se soustraire à un danger, se soigner ». (p. 121)

Dans un cinquième chapitre, Yves Bonnardel déconstruit l’idée de nature, qui a tendance à être utilisée comme justification au spécisme. Si vous ne l’aviez pas déjà compris à la lecture de mes articles, c’est un sujet qui me tient à cœur. On cherche à justifier beaucoup trop de choses (dans tout un tas de domaine : éducation, alimentation, sexualité, politique, écologie, éthique…) par le « naturel » en condamnant du même coup ce qui « n’est pas naturel », ou est « contre-nature », et on a tendance à exclure l’homme de cette « nature » (vous avez dit anthropocentrisme ?) alors que la définition même de tout cela pose problème et ne repose sur pas grand-chose de scientifique :

« Ce qui est naturel est bien, répète-t-on. La Nature est un ordre, harmonieux, où toute chose est à sa place, qu’il ne faut pas déranger. Elle inspire un sentiment religieux de respect, au sens d’adoration et de crainte (comme de soumission devant tout ce qui nous paraît puissant et dangereux). Pourtant, si la nature désigne tout ce qui existe, alors rien ne peut être contre-nature. En revanche, si la nature désigne une partie de ce qui existe, alors il n’y a de sens à parler de « contre-nature » que si cette nature non seulement existe, mais qu’elle est le siège d’une finalité. Or, rien ne soutient ce point de vue. La science, du moins depuis Darwin, est muette sur ce point. Le seul soutien de l’existence d’une telle finalité reste la foi (foi en l’ordre naturel lui-même ou foi en Dieu son créateur) ». (p. 131)

Je rejoins également Yves Bonnardel sur ce constat :

« Pour ma part, je ne vois dans la nature (la réalité) ni harmonie, ni modèle à suivre, ni source de châtiments utiles ou mérités : on pourrait détailler « ses » méfaits envers les humains et les autres animaux. […] En fait, je ne crois pas que la Nature existe, c’est-à-dire que le monde soit ordonné, équilibré, harmonieux, que les choses aient une place naturelle, ni non plus qu’il existe une nature des choses ». (p. 137)

Il nous parle dans un sixième chapitre de l’idée de Nature contre la pensée animale, où il s’insurge contre cette manie que nous avons de ne pas voir les animaux comme des individus sensibles, tout simplement :

« Ils seraient de simples spécimens interchangeables de leur espèce, les rouages d’un ordre naturel, programmés, soumis à leurs instincts, ne réagissant qu’automatiquement à des stimuli. […] Ils n’existent pas pour eux-mêmes, à la recherche de leurs propres satisfactions, mais sont les instruments d’une fin qui les dépasse, qu’il s’agisse de la bonne marche des écosystèmes ou de la survie de leur espèce ». (p. 153)

Ha, et il tacle l’humanisme, aussi, et ça j’aime bien. Parce qu’au fond, il n’est qu’une classification artificielle de plus.

David Olivier défend dans un septième chapitre un écologisme non naturaliste, où il plaide pour que la Terre soit notre maison commune, gérée certes par les humains, mais dans l’intérêt de tous les êtres sensibles, considérés en tant qu’individus – parce qu’ils ont des intérêts – et non en tant que spécimens ou que ressources.

Une deuxième boîte de Pandore, encore plus grande que la première, nous est proposée sur un plateau d’argent, par un huitième chapitre où Thomas Lepeltier nous parle de prédation et d’intervention dans la nature, pour réduire la souffrance des animaux sauvages. J’avais rapidement abordé ce sujet sur ce blog, mais je ne peux que vous recommander de l’approfondir grâce à ce chapitre. Spécifiquement, Thomas Lepeltier répond aux arguments anti-interventionnistes qu’on peut avancer… et c’est assez convaincant. La biodiversité, par exemple :

« Le problème de cette argumentation est qu’elle présuppose que la biodiversité est une bonne chose en soi. Plus précisément, étant donné que là où il y a de la vie il existe toujours un certain degré de biodiversité, cet argument sous-entend que l’augmentation de la biodiversité est à encourager. Or, ce présupposé n’a rien d’évident. Pourquoi l’accroissement de la biodiversité serait-il positif d’un point de vue éthique ? Un comportement est éthique s’il ne diminue pas le bien-être des êtres sensibles et respecte leurs intérêts fondamentaux. Mais rien ne dit que l’augmentation de la biodiversité va dans le sens de ces deux aspects de l’éthique ». (p. 193)

Je vous laisse découvrir tout ça dans le livre, et en contexte. Ensuite, vous pourrez vous battre.

Estiva Reus aborde dans un neuvième chapitre l’utilitarisme et l’anti-utilitarisme dans l’éthique animale, une autre de mes marottes :

« L’utilitarisme assimile le bien au bonheur ou à la satisfaction des préférences. De ce fait , l’ensemble des êtres susceptibles d’éprouver des plaisirs ou d’avoir des préférences sont inclus dans le cercle de la considération morale. Dans la recherche de la décision optimale, on doit accorder le même poids aux plaisirs ou aux préférences d’intensité comparable. Les caractéristiques présentées par ailleurs par les individus qui les éprouvent n’ont aucun rôle à jouer. L’utilitarisme est ainsi par construction une doctrine non spéciste : le fait que des êtres sentients appartiennent ou non à l’espèce humaine est un critère qui, en soi, n’a aucune pertinence éthique ». (p. 213)

Estiva Reus s’interroge également sur l’inclusion des animaux parmi les patients moraux par les grandes figures de l’utilitarisme (Jeremy Bentham, John Stuart Mill…). Mais il n’y a pas que l’utilitarisme dans la vie. Parmi les « opposants » (même si c’est un peu plus complexe et que tout n’est pas exclusif) à l’utilitarisme, on trouve Tom Regan et sa théorie des droits, qui attache beaucoup d’importance à nos intuitions morales. Et Gary Francione, mais j’ai mal à la tête quand j’écris son nom, donc je vais vous laisser découvrir tout ça.

En tout cas, analyse très poussée et très riche d’Estiva Reus sur le sujet.

Dans un dixième chapitre, David Olivier postule que les espèces non plus n’existent pas. Et que la définition moderne de l’espèce est implicitement essentialiste. Et que la systématique linnéenne est à mettre à la poubelle.

« La volonté de considérer une classification unique, hiérarchique, comme la classification scientifique est en soi totalitaire. Prise à la lettre, elle signifie que du point de vue scientifique, donc du point de vue de la réalité vraie, nous sommes une seule chose, notre espèce. La catégorie de base où je suis rangé résume la totalité de ce que l’on peut, scientifiquement, dire de moi. Si l’on connaît mon espèce, on connaît aussi mon genre, ma famille, mon ordre, ma classe et mon embranchement ». (p. 291)

« L’espèce, qui se veut le résumé de tout, ne représente en réalité rien de déterminé. Elle n’a la valeur cardinale qu’on lui donne que parce qu’elle est la clé du système idéologique qui l’accompagne. Au niveau de la vie quotidienne, on pourra continuer à appeler un chat un chat, mais aussi une grenouille une grenouille, un ver un ver et un arbre un arbre. […] Mais [mon chat] Ek par exemple, chat ou pas, je continuerai à l’appeler Ek. Et à souhaiter que vienne le jour où les individus seront simplement ce qu’ils sont, avec leur histoire et leurs histoires, avec leurs désirs et leur vie, sans être « d’abord » quoi que ce soit ». (p. 298)

Amen to that, si je puis dire.

Dans un onzième chapitre, David Olivier parle de la supériorité, de la fragilité de cette notion, de la fragilité de la notion d’égalité ontologique, et des conséquences que cela a sur notre rapport aux autres animaux :

« Nous qui sommes motivés par la lutte contre les discriminations arbitraires – contre le racisme, le nationalisme, le sexisme, le spécisme, etc. – pouvons être tentés par une affirmation d’égalité. Nous voyons l’égalité comme la négation des notions essentialistes de supériorité et d’infériorité. C’est, je pense, une erreur. L’égalité est forcément l’égalité de quelque chose. En quoi deux êtres peuvent-ils être égaux ? Ils ne sont bien entendu pas identiques. On peut les examiner sous tous les rapports, et on n’y trouvera que des aspects particuliers, qui entre eux seront généralement différents, et qui parfois seront égaux – tel animal court exactement aussi vite que tel autre, par exemple – mais jamais ne constitueront une égalité de ces êtres en eux-mêmes. […] Ainsi, l’affirmation d’égalité est forcément une assertion essentialiste ». (p. 306)

En bref, nul n’est besoin de parler d’égalité des êtres pour défendre l’antispécisme – égalité de considération des intérêts, en revanche, certainement. Un traitement différent doit être justifié, et bien justifié. Et manger un cochon parce que c’est un cochon… Ça marche pas.

Enfin, dans le douzième chapitre, Yves Bonnardel nous invite au voyage (mon Dieu, ça fait tellement critique littéraire à deux balles de dire ça) en parlant des animaux à l’assaut du ciel. C’est en fait très concret :

« Contempler le ciel des abstractions a toujours permis de fouler aux pieds les intérêts concrets de chacun. Les éthiques totalitaires qui mettent en scène des entités fictives comme la Nature ou la Nation visant à supplanter la prise en compte des intérêts des individus, les présentent elles aussi comme des réalités et des valeurs en soi. C’est pourquoi il importe d’affirmer le primat du monde réel singulier sur la fiction, la généralisation et l’abstraction : nous, humbles vermisseaux de tout genre, de toutes sortes, sommes tout ce qui compte sur Terre. Chacun. Tout le reste du monde ne vaut que relativement à nous, que par rapport à nous. […] Nous autres êtres sentients ne somme-nous pas la mesure de toute chose ? ». (p. 321)

Paraphraser Protagoras : joli.

Yves Bonnardel développe les raisons de refuser les appartenances et les hiérarchies, quand bien même il s’agirait de prendre en compte une nouvelle essence, « l’animalité ». Il faut prendre en compte les individus pour ce qu’ils sont, pas pour les représentants d’une catégorie. Il appelle ainsi un monde non naturaliste et non spéciste, ce qui semble nous placer en effet dans le contexte d’une véritable révolution (universelle et universaliste) :

« Le mouvement pour l’égalité animale […] est un mouvement politique, qui se bat pour aligner nos priorités collectives sur l’éthique. L’exigence de prise en compte égale des intérêts de tous relève d’une morale universelle et la politique qui doit en découler doit être universaliste. […] Il vise un changement de civilisation, il vise à ce que la solidarité avec l’ensemble des sentients de la planète devienne l’un des principes directeurs du monde que nous nous créons – et qu’il nous reste à créer ». (p. 342)

Y’a du boulot. Mais c’est pas pour ça qu’il ne faut pas continuer.

Au fait, saviez-vous que le « bouquinage » est la période de rut pour les lièvres et les lapins ? Étonnant non ?

***BONNARDEL, Yves, LEPELTIER, Thomas et SIGLER, Pierre (dir.), La révolution antispéciste, PUF, février 2018, 280 pages.***

11 Comments on "Bouquinage #1 : La révolution antispéciste"

  1. PIERRE-MARCEL REIGNIER | 27 février 2018 at 09:07 | Répondre

    Merci beaucoup pour ton aticle très convaincant. Je vais de ce pas acheter cet ouvrage. Au fil du temps et de mes lectures, j’éprouve quelque difficulté à déterminer si telle nouvelle publication est une simple reprise (sans aucune notion péjorative) d’éléments déjà exposés précédemment ou bien si elle apporte de la bonne nourriture fraîche, riche et stimulante pour la réflexion. Parce qu’il est bien évidemment exclu de croire avoir fait le tour de la question. Ces champs de recherche sont immenses et largement inexplorés. Toutes nos relations avec le sentient ou le vivant sont à (re)penser.

  2. La Nébuleuse | 1 mars 2018 at 23:00 | Répondre

    Non, je ne savais pas que le bouquinage renvoyait à ça aha, j’utiliserais le mot avec d’autant plus d’amusement 😉 Concernant le bouquin, je dois confesser que la première chose que j’ai pensé (déformation féministe?) en voyant passer le titre c’est « wow ça en fait des mecs pour un bouquin »… Mais bon rien de neuf sous le soleil pour le coup, ça fait longtemps qu’on peut constater que si les femmes sont majoritraires dans les mouvements de défense de la cause animale, les théoriciens comme ailleurs, restent essentiellement des hommes. Il faut en tirer des leçons sans se priver évidemment des apports de ce type d’ouvrage. Et en l’occurrence, j’espère pouvoir le lire prochainement car je pense qu’il va me malmener un peu, et donc, forcément me permettre d’affiner des raisonnements… ça ne fait pas de mal.

    • Oui, je me dis ça souvent aussi. On manque cruellement de femmes (ou en tout cas elles n’ont pas autant de visibilité) dans le « milieu ». Ce qui peut paraître paradoxal dans un contexte de lutte sociale comme celle-ci. Ce n’est pas que français, d’ailleurs, puisque les théoriciens anglophones sont aussi, à ma connaissance, surtout des hommes. Même chose pour youtube, où les « grands noms » sont majoritairement des hommes. Les blogs semblent être un peu épargnés, mais ce n’est que mon intuition 🙂

      • La Nébuleuse | 2 mars 2018 at 22:00 | Répondre

        Oui j’ai la même impression ! Mais c’est probablement dû au fait que la plupart des blogs féminins qui parlent d’antispécisme sont à la base des blogs qui abordaient aussi des aspects culinaires ou « lifestyle » (écologie etc)… Mais c’est vrai qu’on voit plus d’exceptions dans les blogs et même dans les ouvrages maintenant ,mais ça va doucement. Sur Youtube, je connais assez peu (mais j’essaie de m’y mettre !), donc je me rends moins compte… D’ailleurs si tu as des chaînes à conseiller je prends !

        • En français, la seule chaîne « végane » que j’aime vraiment bien (parmi celles que je connais), c’est celle de Gurren Vegan :

          https://www.youtube.com/channel/UCUMt0-65GzuT4yDMYlUaJqA

          Il touche un peu à tout, donc il y a plusieurs formats de vidéos, des choses plus ou moins sérieuses, etc.

          Pas une chaîne youtube, mais le podcast des carencés aussi :

          https://www.lescarences.fr/

          Ha, et une chaîne que j’ai découverte il y a quelques mois seulement, passionnante, sur l’éthologie (on sort un peu du sujet mais bon) :

          https://www.youtube.com/channel/UC2EYhsS52ykT6sQH5FXoY7g

          C’est PASSIONNANT. Je l’ai déjà dit ? 🙂

          En anglais, Unnatural Vegan :

          https://www.youtube.com/channel/UCJBry7T2R1WeipWMBWKJ7Rg

          Elle se « perd » parfois dans des vidéos un peu superficielles (récemment), mais ses vidéos de fond, sur l’éthique ou le pragmatisme, sont très intéressantes.

          • La Nébuleuse | 6 mars 2018 at 11:30 |

            Oh merci beaucoup pour les suggestions ! J’aime bien Gurren vegan aussi surtout quand il parle des liens avec le rationalisme. On m’a parlé de Unnatural vegan, la démarche est intéressante, je crois qu’elle s’est un peu foirée récemment dans une vidéo sur l’intersectionnalité mais il y a sûrement du bon à prendre, je vais aller voir ! Merci ! (et bien évidemment je vais regarder cette chaine sur l’éthologie)

  3. PIERRE-MARCEL REIGNIER | 2 mars 2018 at 08:07 | Répondre

    Merci, Nébuleuse, pour cette remarque pertinente. Raison de plus pour apprécier à leur juste valeur les esprits (et plumes) de très haute qualité d’Estiva Reus, Florence Burgat, Corine Pelluchon…

  4. Laurence Bozetto | 11 mars 2018 at 21:04 | Répondre

    Merci Inugami pour cette présentation qui me fait rêver!
    J’ai acheté le livre à sa sortie (le jour de la St Valentin!) et depuis il attend que j’aie une peu de temps pour démarrer sa lecture (je n’ose pas parler de bouquinage haha!).
    Les extraits choisis sont alléchants, c’est un vrai bonheur de retrouver des analyses et idées que je triture depuis des années aussi bien exprimées et écrites. L’extrait de Yves Bonnardel sur la « Nature » exprime exactement ce que je pense. (J’ai envie de HURLER quand je tombe sur une pub vantant un produit 100% d’origine naturelle : les publicistes se moqueraient-ils de nous? ;)).
    Et j’ai hâte d’aller creuser avec Thomas Lepeltier cette question de prédation et d’intervention qui me force à sortir de ma zone de confort intellectuel…

    Encore merci pour la qualité de ton blog et au plaisir de te lire lors de ton prochain billet!

  5. Louve des steppes | 11 mars 2018 at 21:33 | Répondre

    Entièrement d’accord avec toi Nébuleuses sur le constat du manque de femmes théoriciennes alors que nous sommes majoritaire dans ce mouvement.
    Je suis allée à la conférence de Guillaume Corpard à l’université de Geneve. Et je me suis dit que j’aurais dû inviter ma famille car je suis sûre qu’ils auraient sans doute + écouter un homme dans un amphithéâtre que moi lors de nos dîners « degustation végane (même si je leur déroule depuis 4 ans exactement les mêmes arguments que ceux exposés par Guillaume). Un mec sur une estrade avec un beau PowerPoint, ça fait tout de suite plus sérieux … on baigne encore dans de beaux clichés sexistes!

    A noter la démarches d’Antigone XXI qui a décidée de ne plus publier de « recettes» par ras le bol de l’enfermement blogueuse lifestyle .
    https://antigone21.com/2017/09/15/pourquoi-je-ne-publierai-plus-de-recettes-de-cuisine

    Et merci Inugami pour la chaîne YouTube d’éthologie, je suis une grande fan et je me réjouis d’avance de la regarder!

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