Le veganisme, c’est vegan ?

N’en déplaise à certains, il n’y a pas qu’une seule façon d’être vegan.

Je suis parfois déprimé lorsque je vois certains végé méconnaître l’objectif de notre démarche, ou en tout cas l’objectif qu’elle devrait avoir selon moi. Cet objectif, c’est bien sûr d’emmerder les autres.

Car c’est bien dans ce but que l’on fait tout ça, non ? Il est difficile de décrire le plaisir que je ressens lorsque je suis invité chez quelqu’un qui m’a préparé un plat vegan qu’il me sert avec les mêmes couverts que son poisson, et que je lui dis, le regard gêné, après une inspiration calculée et tout en repoussant mon assiette souillée : « heu, je suis trop sorry mais tu pourrais utiliser des couverts propres steup ? ».

Bon, je l’avoue, j’ai eu une période comme ça en fait. Au tout début. J’étais le genre à en vouloir à quelqu’un parce qu’il trempait ses nuggets de poulet dans ma coupelle de sauce, ce qui la souillait et la rendait aussitôt immangeable. Et, bien sûr, aujourd’hui encore, je comprends tout à fait les gens qui n’aiment pas se retrouver dans ce genre de situations. On a tout à fait le droit d’être dérangé par le goût de la viande, ou tout simplement avoir du mal à manger des ingrédients qui ont été en contact avec de la viande parce que cela nous renvoie à la réalité de l’exploitation animale et qu’on a l’impression de manger des petits bouts de souffrance. Je ne jette pas la pierre à ces gens, notamment parce que j’ai la force physique d’un ragondin anémié, mais aussi parce que ça, pour le coup, ça relève de la préférence personnelle. Ce n’est pas de l’éthique, ce n’est ni bien ni mal.

Cependant, pour moi, cela n’a au fond pas grand-chose à voir avec le véganisme. En tout cas, et j’insiste sur ce point, d’après ma définition du concept.

Le vég*isme, c’est un outil, ni plus ni moins. Ce n’est pas un idéal, ce n’est pas une fin en soi. C’est un outil nous permettant de réduire au maximum (ou d’essayer de le faire) notre impact négatif sur les êtres sensibles. Et c’est ce but-là qui importe : l’outil doit donc être adapté au but. Or, pas mal de gens se concentrent sur l’outil plus que sur le but, ce qui est est dommage, et parfois dommageable. Ce que je mets dans ma bouche n’a pas d’importance. Ce qui en a, ce sont les conséquences de ce que l’on met dans sa bouche. Si je ne mange pas de viande, ce n’est pas pour ne pas manger de viande. C’est parce que la viande provient de l’exploitation des animaux, et que j’ai choisi d’une part de me désolidariser le plus possible de ce système, d’autre part de montrer mon désaccord avec celui-ci et que jouer sur la loi de l’offre et la demande et communiquer me paraissent deux moyens assez efficaces.

Je suis, en bonne partie, conséquentialiste. Et très souvent utilitariste (qui n’en est pas exactement un synonyme). Cela signifie que, pour moi – et je peux me tromper -, ce sont les conséquences d’une action qui importent, lorsqu’il s’agit de se prononcer sur la moralité de cette action. Et pas par principe le type d’action ou la personne, les motivations à l’origine de cette action. Du coup, si Adolf Hitler donne trente millions d’euros à la Croix-Rouge, je vais probablement considérer que cette action est bonne, peu importe que ce soit Hitler qui en soit à l’initiative. Et je suis en train de me dire qu’un dictateur mort qui revient en zombie pour essayer de se racheter une conscience en faisant des galas de charité, ça ferait une super idée de série.

Je vais aussi considérer que le vol n’est pas condamnable en soi, que tout dépend du contexte, et en l’occurrence des conséquences. Pour prendre un exemple classique (et pas trop polémique), je ne condamnerai pas moralement un sans-abri qui vole de la nourriture dans un hypermarché pour nourrir sa famille, parce que j’estime que, toutes choses égales par ailleurs, les bénéfices pour la famille pèsent davantage sur la balance que le dommage subi par l’hypermarché.

De même, et c’est là un cas purement théorique, une association qui s’introduirait, fût-ce illégalement, dans un abattoir pour prendre des images qui permettent de faire avancer la société dans son ensemble ne ferait rien de mal pour moi. Au contraire, même. L’atteinte à la vie privée n’est pas toujours, dans tous les cas, dans toutes les situations, dans tous les contextes, condamnable. Il faut en regarder les conséquences. Une typologie (meurtre, vol, violence…) nous aide a priori, mais elle n’a pas réponse à tout.

« En bonne partie conséquentialiste/utilitariste » signifie que certaines zones d’ombre dans mes réflexions m’empêchent de clamer haut et fort que je suis un utilitariste pur et dur. Vous connaissez peut-être le célèbre dilemme du tramway, qui a notamment déjà été évoqué dans le milieu animaliste francophone par un mec avec de jolis mains. Bon, et bien autant je n’ai aucun scrupule à tirer le levier, autant je fais moins le fier avec la « variante du chirurgien » (je ne développe pas ici mais allez voir sur la page wikipédia).

Toujours est-il, pour en revenir à nos steaks de seitan, que cette importance des conséquences des actions me conduit à me désintéresser totalement de tout un tas de choses dans « ma pratique du véganisme ». Et donc dans ma définition de « ce qui est vegan ou pas ». P’tain, y’a pas à dire, j’aime toujours pas ces termes.

Par exemple, je n’achète certes pas de laine, mais je me fiche pas mal de porter des affaires en laine que j’ai déjà. Peut-être que j’arrêterai, si ça me dérange à titre individuel, mais ça ne relève pas de l’éthique ; simplement d’une préférence personnelle. J’aime bien manger dans des restaurants classiques et demander une adaptation de plat de leur carte en plat vegan parce que j’ai l’impression de montrer qu’il y a de la demande. Et je sais très bien que les plats/couverts utilisés sont les mêmes. Et que parfois ça revient à retirer des ingrédients de mon assiette avant de me l’apporter ; je ne me sens pas « impur » pour ça. Certains n’y arrivent pas et veulent des couverts différents. Good for them.

De la même manière, ce qui me dérange dans les œufs, c’est l’exploitation des poules qu’il y a derrière. Manger un œuf trouvé par terre (le fameux exemple de l’œuf du jardin) ne me poserait pas de problème éthique s’il n’y avait pas d’exploitation/souffrance en jeu. Et contrairement à la viande ou au lait (mise à bas, privation et éloignement du veau nécessaires), cette exploitation n’est pas toujours présente. Je n’en ai pas spécialement envie, mais c’est un autre problème. Tout est une question de contexte, et on ne peut pas avoir de réponse de principe pour tout.

Les huîtres, c’est vegan ? « Bah non, ce sont des animaux ducon ». Certes. Mais sans doute pas sentients. Si les huîtres ne sont pas sentientes, si ce ne sont pas des êtres sensibles, bah oui, « c’est vegan », animaux ou pas. Je n’en mange pas, pour deux raisons  : d’une part, je leur laisse le « bénéfice du doute » en quelque sorte. Mais je ne fais pas de cela un principe éthique. D’autre part, je n’ai jamais été attiré, gustativement ou esthétiquement, par ces ersatz de glaire encoquillés. Mais chacun son truc.

La viande in vitro, c’est vegan ? Ça reste de la viande, mais si aucun être sensible n’en pâtit, où est le mal ? En l’état actuel des choses, et sachant que je suis aussi calé sur ce point que sur le répertoire de Maître Gimms (je sais même pas écrire son nom correctement, c’est vous dire), la recherche en la matière me semble effectivement relever de l’exploitation animale. J’ai du mal à suivre, pour être honnête. Mais dans le principe, et si l’on trouve un moyen de se passer d’abattre des animaux pour prélever des cellules souches, j’accueillerais ça à bras ouverts. Pas spécialement pour moi, mais surtout pour des gens réticents qui ont l’impression que la viande est nécessaire à leur santé. Pourtant, certains y sont non seulement opposés par principe (c’est un point indépendant) mais disent que non, « ce n’est pas vegan ».

Toute définition du véganisme oubliera nécessairement certains cas de figure, et certains individus s’y reconnaîtront ou pas. Si un vegan ne consomme ou n’utilise aucun produit d’origine animale, alors je ne suis pas vegan. J’ai de vieux vêtements en laine, je mange des légumes cuits avec de la viande lorsque je vais chez quelqu’un qui a préparé un ragoût. Parce que je ne pense pas que tout cela ait un quelconque impact négatif sur les êtres sensibles. Pour d’autres, je le suis. Et au fond, je m’en fiche : le label n’a pas d’importance, si ce n’est comme moyen de communication, afin de montrer que nous sommes de plus en plus nombreux et que le « véganisme » devient un sujet de société important.

Et on a pas besoin d’être appelé « vegan » pour lutter contre l’exploitation animale. C’est juste que « go vegan », c’est plus facile à dire que « go fais de ton mieux pour réduire ton impact négatif sur les êtres sensibles au quotidien en analysant chacune de tes décisions au regard de cette forme d’oppression de la même manière que tu le fais pour les autres formes d’oppressions et n’oublie pas de te supplémenter en B12 », et en plus ça tient dans un #hashtag.

23 Comments on "Le veganisme, c’est vegan ?"

  1. Un bel article, bravo ! On trouve des puritains partout, mais vous avez raison de rappeler l’essentiel: nous essayons de changer nos habitudes pour sauver des vies, pas pour faire plaisir aux puristes.

  2. Merci pour l’article ! C’est intéressant d’avoir d’autres points de vue que le sien ; comme quoi il y a bien plusieurs définitions du véganisme, qui sont en fait personnelles où juste un point est lié : l’exploitation animale.

  3. Bel article en effet.
    Il serait peut être bon de rappeler aussi qu’une action qui « sans réfléchir » peut paraitre positive (ex: libérer 3 poules prises chez un fermier et laisser un tag ALF) peu s’avérer dommageable aux animaux (quand le journal local fait passer les animalistes pour des imbéciles violents, dont on a pas envie d’écouter les arguments).

    Point de vue utilitariste:
    Ne pas porter de vieilles affaires peut se justifier si l’on pense qu’on pourrait être imité dans notre façon de nous vêtir (mais bon, on est pas tou·te·s mannequins !).
    Ne pas manger le ragout à la viande peut inciter la personne à en proposer un tout végétal. Ou alors ça peut l’inciter à trouver que les végé sont des casse gonades et à décrédibiliser leur parole militante. Un choix au cas par cas, donc.

    • C’est bien ça le problème, c’est que certains conséquences sont difficiles à anticiper a priori. Du coup, c’est une sorte de « pari », de calcul personnel, et c’est là que les définitions varient et que je ne dirais pas que j’ai raison par exemple d’accepter le ragoût. Ou que j’ai tort. Il faut réfléchir aux conséquences, mais après, c’est plus difficile que « pas acheter de viande = réduction de la demande ». Comme tu dis, un choix au cas par cas 🙂

  4. Mille mercis, un plaisir à lire !
    Je trouve cela dommage d’entendre certaines personnes bouder l’appellation « végane » comme s’il s’agissait d’un terme synonyme de rabat-joie et surtout incorrect dans l’absolu : « mais tu utilises un ordinateur et ne vis pas au fond des bois dans une cabane de mousse et de feuilles » étant l’une des failles les plus classiques que certains détracteurs essaient toujours de creuser au détriment du reste, de tout le reste.
    Ce terme me convient parfaitement car il permet une économie de mots parfaitement illustrée par votre dernière phrase que je vais partager de ce pas. 😀

  5. Excellent billet (comme plus personne ne dit depuis 2008) et très belle plume, vraiment. Je reviendrai lire d’autres articles ! 🙂

  6. Ce qui transpire de cette indigeste lecture, c’est cette dégoulinante lâcheté, propre à celui qui, parlant dans sa barbe, lâchera un: « c’est pas moi je le jure » à la première accusation. Vouloir plaire à tout le monde handicape grandement la plume de celui voulant transmettre un message, j’eu certainement préféré le brouillon non censuré de cette « œuvre », non pas pour son verbiage, mais pour la sincérité relative dû au premier jet. Aimer ceci reviens à trouver la politique internationale suisse comme engagée, il y en a pour tout le monde, il n’y a qu’à se servir, mais en l’occurrence il eu était préférable de s’abstenir d’écrire, le résultat fusse similaire, les mentalités de chacun inchangées face à la neutralité de castrat de ces propos ou de leurs inexistences.

    • Haaaaa, j’adore me faire insulter de bon matin. J’aime bien aussi me faire contredire, tout simplement, mais le problème, dans ce second cas, est que je me sens alors obligé de répondre, de continuer la discussion, parfois constructive, et cela me mène parfois à faire évoluer mon avis sur le sujet.

      Alors que lorsque je fais insulter, que je me fais traiter de lâche ou de castrat (parce qu’au moins, cela est fait dans un langage châtié : mes couilles méritent bien ça), sans aucune explication et dans le manteau de la condescendance la plus parfaite, je peux juste ignorer, voire écrire deux ou trois paragraphes légèrement amusés où je constate qu’insulter les gens d’entrée, ça ne fait en général rien avancer du tout.

      Surtout quand l’insulte ne se pare, pour lui donner une raison d’être, d’aucun argument compréhensible par ailleurs. Mais au moins, ça nous change du « put1 t tro un kon spece de boulè », je dois le reconnaître.

    • Mmmmm… Un commentaire engagé pour l’absence de réflexion et le virilisme guerrier. C’est Chasse Nature et Traditions qui fait de l’entrisme ?

    • Les sages savent que : « Le jugement est un miroir qui reflète les peurs de celui qui porte le jugement. »
      Ce commentaire ne fait que le confirmer. Merci pour cette leçon de vie 😀

  7. D’habitude, je ne me mêle pas trop de répondre aux commentaires, mais histoire de ne pas faire avancer les choses, Carduz Tull… votre avis vaut ce qu’il vaut. Votre plume qui se veut manifestement littéraire manque sensiblement de clarté, mais surtout de correction grammaticale et stylistique.
    Cela dit par parenthèse.

    Quant au fond du propos… disons que je ne partage pas votre sentiment. Je trouve au contraire l’article de M.Inagumi tout à fait intéressant, ne serait-ce sans doute que parce que je m’y retrouve bien: pas d’accusation, un positionnement personnel qu’il tient à partager, et surtout matière à réfléchir. Bravo!

  8. Je me suis beaucoup retrouvée dans ton article ! Je ne suis pas (encore ?) strictement vegan mais j’essaie d’en faire mon mode de vie autant que possible, en consommant vegan chez moi et en participant activement au développement d’alternatives vegan… A l’extérieur c’est une autre paire de manche, je craque encore facilement pour des produits animaux (hors viande et poisson), mais je sens que ça s’améliore quand même, par exemple le fromage ne me manque plus 🙂 Mais je m’égare, en tout cas je pense que j’ai aussi une vision conséquentialiste et donc j’ai la même manière de mener ma réflexion là dessus. J’avais rencontré Yves Bonnardel lors d’un débat et il a exactement la réflexion que tu décris d’ailleurs, l’échange avait été intéressant

    • Je te félicite (enfin si je puis me permettre hein) sur tes démarches qui vont selon moi dans le bon sens !

      A l’extérieur c’est ce qui me posait problème au début. Le manque de choix n’aidait pas, et j’avais tendance à craquer pour l’option végétarienne un peu plus « fun » (du moins le pensé-je) que la salade verte qu’il y a avait souvent par exemple. Mais c’est devenu de plus en plus facile, d’une part parce que mes convictions se sont précisées, et d’autre part parce que les alternatives étaient de plus en plus nombreuses dans ma ville. Pour moi, le plus dur c’était le fromage, alors bien joué 🙂

      Et bon courage pour la suite !

      Oui, Yves me doit tout. Hum 😉

  9. Louve des steppes | 16 juillet 2017 at 07:43 | Répondre

    J’ai découvert votre blog hier, grâce aux cahiers antispecistes et je viens de lire la moitié de vos articles…. j’en garde un peu pour la suite!
    J’ai choisi de laisser un commentaire sur celui ci non seulement parce que je me retrouve dans cette démarche de veganisme pragmatique (je ne mange pas d’animaux en raison d’une allergie ou par dégoût mais parce que je ne veux PLUS participer au massacre, et je porte encore mes chaussures en cuir par respect à celles et ceux qui ont laissé leur vie pour me chausser).
    Mais aussi pour partager cet article intéressant et bien documenté (lire toutes les références va me prendre des heures) sur les limites du Nudge
    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2017/07/15/tout-est-il-nudgable-lincitation-comportementale-en-ses-limites/

    En tout cas j’aime beaucoup votre plume, votre humour. Bonne continuation!

  10. Trop bien. Merci beaucoup. C’est partagé sur Facebook, après l’article que tu as liké « Le sens de la viande », avec la mention suivante :

    « Et un deuxième billet fort éclairant, qui s’adresse aux intéressés/curieux de tout bord. (Spoiler: ça vaut le coup.) Perso, je trouve que ça fait du bien de lire du sensé, loin des avalanches émotionnelles qu’on se farcit habituellement. »

    Non que je sois dénuée de sentiments, loin de là, je suis plutôt de la catégorie fontaine pleurnicharde dans la vraie vie, mais ce genre d’articles permet de se retrouver à nombreux autour d’un même sujet, sans larguer de suite les fiers coeurs de pierre qui font genre d’être au dessus de tout ça.

    Du coup, merci encore.

  11. (Non je ne me suis pas perdue 100 ans après, je suis arrivée ici par l’article sur le burger veggie qui a déclenché la guerre civile dans plusieurs groupes FB )

    Du coup j’ai beaucoup bien aimé les articles que j’ai lu ici! Je voulais réagir sur celui-ci, malgré mon truchement de tête d’accord avec le contenu. Je voulais juste souligner que je n’adhère pas à l’idée que véganisme = boycott (ou « mode de vie »). Le véganisme est un mouvement politique qui demande la fin de l’exploitation animale. Le boycott en est sa mise en pratique logique à titre individuel lorsqu’on y adhère ET aussi un excellent outil de militantisme. Et même si c’est un outil très puissant ce n’est pas le seul que le véganisme ait dans sa caisse à outs. Le problème c’est justement quand on oublie que le boycott est l’outil et non le but en soi ! Quand on rentre dans la pureté individuelle.
    Après on a certainement tous cette tendance à tomber par moment dans la pureté. Par exemple moi je refuse que mes collocs se servent de mon matos de cuisine pour faire cuire des animaux morts dedans. D’un point de vu conséquentialiste y a de fortes chances que ça n’ait aucun impact pour les animaux.
    Je me dis que peut être en plus de penser que je suis la personne la plus casse-gonade du monde, ils se rendent compte que je ne considère pas les animaux comme de la nourriture et que ça fait son bonhomme de chemin dans leur tête.

    • Salut et bienvenue, du coup 😉

      Je suis d’accord avec toi sur le caractère politique du véganisme. Et oui, de même que pour moi le véganisme est un outil pour un objectif plus global, des actions comme « ne pas manger de fromage » ou « aller tracter pour une asso » sont des outils du véganisme. Ou peu importe le label qu’on lui donne.

      Sur le matos de cuisine, ça peut aussi se réfléchir d’un point de vue conséquentialiste d’ailleurs. Peut-être (je ne connais pas tes coloc) que les conséquences de ta décision ont effectivement plus d’effets positifs que si tu acceptais sans broncher. Pour moi, ça peut tout à fait se justifier, effectivement. De la même manière que dans un restaurant, ça peut avoir un intérêt de refuser un plat avec du fromage qu’on nous apporte par erreur (alors que de toute façon, « le mal est fait »), juste pour signaler qu’il y a une demande pour du vegan et que c’est pas anodin. Ça peut contrebalancer la cassegonaditude que l’on est susceptible de renvoyer. Réfléchir de façon conséquentialiste, c’est justement aussi adapter au cas par cas et ne pas avoir de solution faite a priori, sur la base d’une motivation de l’agent ou d’un type d’action.

      Et rebienvenue 😉

Laisser un commentaire