42 moyens de sauver les animaux (le douzième va vous étonner)

Je sens que vous allez être déçus.

Comment sauver les animaux ? Comment arriver à la libération animale, à la fin de l’exploitation animale, ou peu importe comment l’on appelle notre objectif ultime ?

On lit régulièrement une chose et son contraire : « il n’y a qu’une seule méthode qui vaille » (souvent l’action directe) ou « toutes les méthodes sont bonnes et se valent » (le fameux « chacun sa méthode »). De mon point de vue, les deux positions sont intenables. Non, il n’y a pas qu’une seule méthode qui vaille : pour régler un problème, je pense qu’il faut s’y attaquer sur plusieurs fronts et coordonner ces actions afin qu’elles soient efficaces. On ne construit pas une maison avec simplement un marteau : il faut tout un tas d’outils, de matériaux.

Et non, toutes les méthodes ou actions ne se valent pas. Mathématiquement, certaines sont plus efficaces que d’autres.

On peut penser à plusieurs actions pour aider les animaux (en vrac) :

  • Arrêter d’en manger,
  • Ouvrir un refuge,
  • Donner de l’argent à des associations efficaces,
  • Recueillir des animaux des rues,
  • Manger moins de produits d’origine animale (POA),
  • Se cultiver sur l’histoire des luttes,
  • Ne pas balancer des déchets dans la nature,
  • Faire attention à sa consommation d’énergie,
  • Investir dans la recherche pour le bien-être animal,
  • Diffuser des infographies ou des articles sur les réseaux sociaux,
  • Stériliser les chats errants,
  • Ne pas être Emmanuel Macron,
  • Mettre en pratique les conseils d’Animal Charity Evaluators,
  • Travailler dans une association environnementale ou animaliste,
  • Militer dans une association efficace,
  • Devenir le meilleur ami d’Emmanuel Macron et le convaincre que « la véganie c’est la vie, youpi »,
  • Devenir lanceur d’alerte et filmer l’intérieur d’un abattoir puis diffuser ces images,
  • Voter pour des candidats animalistes ou animal-friendly,
  • Parler de la condition animale autour de soi de manière bienveillante,
  • Parler de la condition animale autour de soi en insultant les gens,
  • Agir pour que sa cantine d’entreprise inclue des options végé,
  • Libérer des animaux destinés à l’abattoir,
  • Envoyer 5000 euros au connard qui tient How I Met Your Tofu pour qu’il s’achète des curly,
  • Faire du lobbying auprès des pouvoirs publics,
  • Remplacer les POA des produits de son entreprise par des végétaux,
  • Aider les entreprises à remplacer les POA par des végétaux,
  • Travailler sur la viande de culture,
  • En tant que membre actif d’un parti politique, défendre l’importance du bien-être animal (voire de l’abolition) en interne,
  • Manifester,
  • Se cultiver sur les stratégies militantes,
  • Diffuser des idées au travers de blogs, d’illustrations, de chaînes YouTube,
  • Profiter de sa popularité de personnage public pour parler de la question animale,
  • Agir en altruiste efficace,
  • Parler de ces questions dans une émission de télévision ou de radio, ou dans un journal,
  • Diffuser des pétitions,
  • Profiter de sa position (chef d’entreprise, chef cuisinier, député, ministre) pour initier des changements profonds que l’on est le seul à pouvoir initier,
  • Faire de bons petits plats véganes à ses amis,
  • Faire des cyber-actions pour demander aux marques de s’engager publiquement sur les réseaux sociaux,
  • Choisir sa carrière en fonction de son impact pour les animaux,
  • Offrir à Raphaël Enthoven une visite dans un abattoir,
  • Tracter,
  • Aller voir de très bons articles qui expliquent ce qu’on peut faire au quotidien (so meta),
  • J’en passe et des meilleurs.

Je pourrais continuer très longtemps comme ça. Des actions susceptibles d’aider les animaux, il y en a plein. En revanche, ce qui, je pense, ne fait pas vraiment de doute, c’est que parmi ces actions, certaines sont plus efficaces que d’autres. Ma consommation individuelle, c’est peanuts. Elle a une influence très faible sur l’exploitation des animaux. Lorsque je communique autour de moi, j’ai déjà plus d’influence. C’est ce que je résume souvent par la phrase « ce qui entre dans ma bouche est moins important que ce qui en sort » (le premier qui me parle de vomi a perdu). Un végane qui reste dans son coin est probablement moins efficace qu’un végétarien qui communique efficacement pour convaincre les autres (toutes choses égales par ailleurs : ne prenons pas l’exemple du végétarien qui ne mange jamais de végétaux et seulement du lait et des œufs, par pitié). Et Stomy Bugsy qui annonce qu’il est végane a sans doute plus d’influence que la plupart d’entre nous. C’est con, mais c’est comme ça.

De la même manière, si Gaston libère quelques animaux d’un élevage pour les amener dans un refuge, cela aura moins d’impact que si Cunégonde réussit à convaincre Nestlé de remplacer les œufs par un produit végétal dans telle ou telle gamme de gâteaux. C’est moins sexy, c’est moins visible, mais c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus efficace.

Et vous savez quoi ? C’est pas grave. Ce qu’il me semble important de souligner, c’est que ne pas faire constamment ce qui est le plus efficace, c’est d’une part normal, d’autre part absolument pas honteux.

Gaston n’a peut-être pas les compétences nécessaires pour travailler comme chargé de relations avec les entreprises pour une asso végé. Ou peut-être qu’il n’en a pas envie, qu’il est plus à l’aise « sur le terrain », que cette proximité avec les victimes lui donne l’énergie de lutter, et qu’il serait en fait moins efficace ailleurs, parce que c’est comme ça. Et c’est pas grave.

Cunégonde, quant à elle, n’a peut-être pas envie de devenir présidente de Nestlé, ce qui lui permettrait de prendre la décision de remplacer tous les POA par des végétaux (Fun fact : en fait c’est pas aussi simple). Et c’est pas grave non plus.

Mais il peut arriver que Gaston ait l’illusion de faire quelque chose de plus efficace, pour tout un tas de raisons : la proximité avec les victimes, la visibilité de l’action (en opposition avec le travail moins visible de Cunégonde), le côté antisystème de l’action, les risques encourus par lui et ses camarades. Et qu’il reproche aux autres, dont Cunégonde, mais aussi Martine qui diffuse des vidéos d’abattoirs ou Privat qui anime des ateliers culinaires véganes, de ne pas se mouiller, de ne rien faire, de « gaspiller leur énergie militante ». Ça, c’est un problème. Parce que, d’une part, c’est factuellement faux. Il y a, certes, des actions moins efficaces que libérer des animaux d’abattoirs. Bien sûr. Mais il y en aussi tout un tas qui sont aussi, voire plus efficaces, même si elles sont moins « sensationnelles ».

Je pense, et ce n’est que mon humble avis, que des gens qui libèrent « directement » les animaux des abattoirs, il en faut. C’est un sujet complexe, parce qu’il faut notamment s’assurer de « l’après » (où les animaux se retrouvent, comment ils sont traités, quels soins ils pourront recevoir, quelles ressources financières sont à la disposition de l’association et pour quoi…). Mais je n’ai, bien sûr, aucune opposition sur le principe, ne serait-ce que pour le message envoyé (pour ce qui est de l’animal lui-même, il sera probablement remplacé par un autre). Gaston doit simplement se rendre compte des mérites et des limites de ce qu’il fait, et se comporter avec les autres en conséquence.

Respecter ce que fait Gaston, respecter ce que fait Cunégonde. Se permettre de réfléchir sur ce que l’un et l’autre pourraient faire mieux, sans les accabler. Faire des phrases sans sujet. Car c’est notre projet.

Il y a, en outre, des actions qui sont contre-productives. Ami lecteur, j’en ai listé une plus haut, sauras-tu la trouver ? Il ne m’appartient pas de dire ce qui fonctionne ou pas, bien sûr, surtout lorsqu’il est question de situations particulières difficiles à évaluer. La violence est-elle légitime ? Elle peut l’être, à mon avis. Ça dépend de beaucoup de choses, y compris de la définition de « violence ». La violence, selon les définitions, ça peut être s’en prendre physiquement à quelqu’un, à sa propriété, à ses droits, etc. Mais en tout cas, certaines actions violentes sont contre-productives. Comme certaines actions pacifiques.

Si bon nombre d’animalistes s’opposent à une action violente X, cela peut être parce qu’elle est contre-productive, pas simplement parce qu’elle est illégale ou violente. Donc une bonne fois pour toutes (quel optimisme) : OUI, on peut condamner une action relevant de l’action directe ou de la désobéissance civile tout en n’étant pas hostile à l’action directe et la désobéissance civile. C’est mon cas. Comme tout dans la vie, ça dépend de beaucoup de choses. Je suis conscient, par exemple, que « légal » ne veut pas dire « moral ». La loi n’est pas un critère pertinent pour moi quand il s’agit de l’éthique. La violence, c’est un peu pareil : ça dépend du contexte, de la forme de cette violence, de la lutte en question, de la réception par l’opinion publique, etc. Weber définissait l’État comme ayant le « monopole de la violence légitime » (ce qui n’était nullement une posture prescriptive, entendons-nous bien, mais une analyse de la situation) ; je ne pense pas que ce monopole soit justifié. Une violence est légitime ou pas par ce qu’elle accomplit, pas en fonction d’où elle provient.

J’ai dit que ça dépendait aussi de la réception par l’opinion publique, oui. Pas juste pour « donner une bonne image » ; ce n’est pas le but, ça, c’est un moyen. Le but, c’est d’aider les animaux, et pour ça, oui, il faut garder une bonne image. Ça ne veut pas dire ne rien faire par peur d’entacher l’animalisme de façon irrémédiable, ça veut dire être conscient que les autres ne voient pas les choses comme nous les voyons, et qu’une bonne communication tient souvent à peu de choses. Lorsqu’on se rend à un entretien d’embauche, on essaie de faire bonne impression, on s’habille correctement, etc. Ce n’est pas simplement pour être présentable, c’est parce que le fait d’être présentable aura une influence positive sur le jury. Bah là, c’est pareil, sauf que l’enjeu, c’est davantage que des tickets resto.

Ce manque de recul, je pense, va souvent main dans la main avec une assurance crasse, la certitude d’avoir raison et la volonté d’être celui qui sortira gagnant du débat sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas un (Stéphane) travers (de porc) que l’on ne retrouve que parmi nos ouailles, j’en suis conscient. Mais là, ça m’embête plus qu’ailleurs, parce que pendant qu’on joue à qui crie le plus fort, ou plutôt, qui UTILISE LE PLUS DE CAPITALES SUR FACEBOOK, on ne sauve pas beaucoup d’animaux. Sur de nombreux sujets, on n’est pas encore au point. On n’en sait pas assez. Je serais bien en peine de vous faire une liste exhaustive de ce qui marche ou ce qui ne marche pas.

Pour certaines choses, c’est évident, j’en ai parlé plus haut.

Pour d’autres, discutons, débattons, sans tenir de position dogmatique (« disposition d’esprit d’une personne à affirmer de façon péremptoire ou à admettre comme vraies certaines idées sans discussion« ), essayons de faire en sorte que chacun sorte plus cultivé des discussions, plutôt que de vouloir avoir raison. L’esprit humain est une machine qui fonctionne pas mal, mais qui est très, très imparfaite. Par exemple, les personnes les moins compétentes dans un domaine ont tendance à surestimer leurs compétences et les plus compétentes à les sous-estimer. Ou alors, on a tendance à croire que, si deux éléments sont corrélés, l’un est la cause de l’autre. Ce genre de choses.

Pourquoi développé-je ceci ? Parce que cela signifie qu’on a de bonnes chances de se tromper, de dire n’importe quoi, de ne pas analyser de manière suffisante les termes d’un problème. Acceptons de prendre en compte ce que l’autre nous dit : sait-on jamais, peut-être n’est-ce pas aussi idiot que ça. Et surtout, la validité d’un argument ne s’apprécie pas en fonction de la conclusion à laquelle il conduit : si un argument remet en cause l’une de vos croyances (une conclusion à laquelle vous étiez arrivé) et que cet argument est solide comme un roc, c’est probablement votre croyance qui ne tient pas debout.

Et, par pitié, peace and love. Non, ce n’est pas ridicule. Ce n’est pas du « passif-isme », comme j’ai pu le lire. L’agressivité, c’est censé être une vertu, un avatar de l’abnégation, du courage ? Est-ce que ça fait avancer quoi que ce soit de parler à ses interlocuteurs avec agressivité ? Ça défoule, certes. Pour ça, sinon, il y a la boxe, les jeux vidéos, que sais-je. D’une part, agresser les autres, ne serait-ce que verbalement sur internet, ne mène à rien. On ne convainc pas les gens en leur gueulant dessus (on ne les convainc pas non plus en leur passant tout et en faisant son béni-oui-oui, j’en suis conscient). D’autre part, c’est pas sympa. Et oui, le fait que ce ne soit pas sympa rentre en ligne de compte, c’est un problème. Je ne pense pas que beaucoup de monde aime se faire insulter ou vertement prendre à partie parce que leur opinion diverge. Mon bonheur augmente lorsque j’ai un débat enrichissant et bienveillant, même lorsque je me rends compte que j’ai tort. Il diminue lorsque je me fais insulter ou que l’on me manque de respect. Et ça, ça compte. Moins que les animaux qui meurent, mais ce n’est pas un concours. On peut aider les animaux tout en n’étant pas un salopard.

Don’t be a dick.

15 Comments on "42 moyens de sauver les animaux (le douzième va vous étonner)"

  1. « Envoyer 5000 euros au connard qui tient How I Met Your Tofu pour qu’il s’achète des curly, »
    J’ai envie de dire : ouvre un Tipeee, connard ! (J’ai pas lu le reste encore.)

    • Alors ça, c’est probablement l’action la moins efficace pour les animaux que je pourrais faire, et du vrai gaspillage de ressources.

      Considérez que si vous voulez m’encourager, donnez à l’AVF ou à L214, et je serai très content 🙂

      Ou mentez en disant que vous l’avez fait. C’est factuellement moins efficace, mais pour mon bonheur personnel c’est pareil.

  2. La Nébuleuse | 8 juin 2018 at 09:42 | Répondre

    Ah merci pour cet article, je suis moitié agacée moitié amusée quand je m’entends dire parfois que si je critique certaines formes d’action directe (notamment dégradations chez des bouchers ce genre de choses), c’est que je serais naïve, que je défendrais la non violence au lieu d’être radicale comme il le faudrait ! Alors que généralement les personnes en question ne savent pas grand chose de mes convictions, qui sont généralement plutôt considérées comme radicales justement… Les débats stratégiques sur l’action directe ou l’action « violente » (comme tu dis le mot déjà n’est pas consensuel, on parle de violence matérielle) ne signifient pas qu’on est opposé à toute forme de casse, d’occupation, de contrainte sur des humains etc. Mais accepter ça implique justement d’accepter aussi le fait qu’une discussion stratégique puisse exister, qu’on puisse débattre en termes d’efficacité, d’objectifs à atteindre et par quels moyens.

    Deux petites remarques :

    La première : quand Weber parle de monopole de la violence légitime pour l’Etat, il ne dit pas que lui-même trouve ça cool, légitime dans le sens « c’est ok », il analyse une situation au moment où il produit ses travaux, c’est une thèse tirée de ses analyses. Il entend par là qu’à l’échelle de la société, c’est l’Etat qui a les moyens de contraindre, qui a les moyens coercitifs, qui peut faire usage de la violence contre l’opposition, des désordres internes etc, sans que ce soit perçu comme quelque chose d’anormal par la majorité de la population. En gros il y a une forme d’acceptation par la majorité des personnes du fait que ce soit l’Etat qui détiennent ces moyens (alors que des formes de violence personnelles seront perçues comme déviantes). Même chose quand il parle des fameuses formes de légitimité dans ses travaux (traditionnelle, charismatique, légale). Il dit pas que ces trois aspects là ne posent aucun problème, mais il analyse ça comme étant les trois sources grâce auxquelles le pouvoir de dirigeants est accepté. Bon tu sais peut être tout ça et je m’excuse alors du blabla, mais je trouvais que c’était peut être un poil ambigu quand tu disais que tu n’étais « pas d’accord » avec Weber là dessus : en vrai on ne sait pas du tout ce qu’en pensait Weber et le fait qu’on ne soit pas d’accord ne change pas forcément la pertinence ou non de son analyse 🙂

    Second point : je m’étonne de ne jamais voir évoqué dans les articles qui traitent des moyens de faire avancer la cause animale de mention d’un militantisme politique plus large. Je m’explique. On est un certain nombre de personnes véganes et végétariennes à investir des organisations politiques (au sens large du terme, et on peut inclure dedans des initiatives locales types lieux autogérés, et des syndicats), parfois on est aussi adhérents d’assos animalistes, parfois non. Ce n’est pas seulement qu’on a différentes convictions et qu’on en a choisi une plus que les autres, c’est surtout que bien souvent on a conclu que le système capitaliste joue un rôle important dans l’ampleur qu’a pris l’exploitation animale en termes de nombres d’animaux tués, d’industrialisation etc, et que plus largement il favorise cette exploitation à partir du moment où on a un système basé sur la maximisation des taux de profits, et qui plus est mondialisé (donc avec la possibilité d’exporter vers les pays pauvres dominés si le marché change en interne car y’a plus de véganes, par exemple…). Militer à cette échelle là, c’est peut être pas explicitement montrer aux autres qu’on veut « sauver les animaux », mais d’une part ça participe à œuvrer à un changement qui s’il ne garantit pas en lui-même la fin de l’exploitation animale, constitue quand-même une condition importante à sa réalisation, et d’autre part ça nous permet de parler de cette cause en interne, en s’adressant à des personnes qui sont déjà politisées, qui réfléchissent aux conséquences de leurs actes etc, bref de chercher des alliés.

    Voilà voilà, sacré pavé comme d’habitude, je comprends pas comment je peux écrire d’une traite des commentaires aussi long et mettre autant de temps à pondre des articles 😀

    • Merci à toi !

      1) Je sais bien pour Weber, mais je reconnais que ma formulation est très maladroite : je ne voulais pas signifier que c’était « prescriptif », bien sûr. Je vais modifier cette formulation, tu as raison. Quand je relis une deuxième fois, je comprends comme toi maintenant. Je fais de Weber un militant étatiste 🙂
      2) Oui, tu as raison, on se concentre beaucoup sur, disons, les actions qui sont « directement » animalistes. Ça va un peu de pair avec le fait que les actions « sur le terrain », où l’on voit vraiment les victimes, où l’on peut les nommer, pour ainsi dire, sont parfois considérées comme meilleures. J’ai pris quelques exemples plus généraux (environnement, altruisme efficace, etc.), mais j’aurais pu en mettre 42000 autres. De manière générale, et même si je ne vais pas me risquer à tomber dans le cliché de l’effet papillon, tout changement en entraîne d’autres 😉

      Je ne te jette pas la pierre, j’étais un peu en retrait ces derniers temps 🙂

    • Modification effectuée, j’espère que c’est plus clair ! Merci encore !

  3. « (pour ce qui est de l’animal lui-même, il sera probablement remplacé par un autre) »

    Je ne pense pas non plus que ça soit si simple. Un animal ne se « remplace » pas d’un coup de baguette magique. Il faut un temps de gestation.

    En fait, je trouve ça tout autant problématique de ne pas avoir une « vision d’ensemble » du système économique (de la question de l’offre et de la demande, etc.), que de ne plus avoir du tout de vision des individus pour eux-mêmes, ceux qui sont vivants à l’heure où l’on parle, qui deviennent juste des abstractions dans la grande machine du « calcul de la vision d’ensemble »… Parce que le « calcul de la vision d’ensemble » n’est jamais un calcul parfait, sûr à 100%. La loi de l’offre et de la demande, par exemple, ça n’est pas un truc qui fonctionne en flux tendu sans aucun gaspillage (qu’on s’imagine quand on simplifie grossièrement ça dans la modélisation de notre petit cerveau). Pas plus que l’offre n’est indexée au poil de nouille près sur la demande, avec un lien de causalité unidirectionnel.

    Et c’est un peu dommage de minimiser l’importance que ça a de redonner la valeur réelle à la vie d’un individu qui était jusqu’alors réduit à l’état de marchandise destinée à être découpée en morceaux, un poids de matière première, un numéro; importance tant pour le dit individu (importance infinie pour lui) que pour toutes les personnes (citoyens et consommateurs) que ça va toucher, bousculer, intellectuellement et émotionnellement, si c’est médiatisé.

    (Un indice sur le fait que ce genre de calcul peut-être problématique par certains côtés, c’est qu’on ne se permet jamais de parler de cette manière quand il s’agit d’humains. Par exemple, les médias, les politiques se permettent rarement de déclarer publiquement des choses telles que « Le chef de l’Etat a choisi cette action militaire, parce que d’après son calcul, ça va tuer 20% moins d’innocents. ». Même si en interne, c’est probablement ce qui se passe parfois, grosso modo.)

    • Oui, je suis d’accord avec ça. Avec une petite nuance néanmoins : les individus n’ont pas à devenir des abstractions dans le « calcul de la vision d’ensemble », pour reprendre cette expression. Quand j’essaye (à mon petit niveau) de réfléchir à ce qui est efficace, je ne vois pas des chiffres, je vois bien des individus.

  4. Pour construire une maison il faut des mains et vouloir s’en servir.
    « En tant que membre actif d’un parti politique, défendre l’importance du bien-être animal (voire de l’abolition) en interne, »
    Je ne suis pas ure que l’abolition du bien être animal leur soit favorable !!!

  5. Pierre-marcel REIGNIER | 15 juin 2018 at 12:51 | Répondre

    Merci une fois encore pour la qualité de tes billets, et de certains commentaires qu’ils suscitent. J’y retrouve, en particulier dans celui-là, l’influence de la pensée utilitariste chère à Un David Olivier par exemple (que tu m’as fait découvrir) avec toutes les nuances que tu apportes et que je partage: l’efficacité seule n’est pas viable, tant d’autres facteurs sont à prendre en considération. De façon très schématique, je retrouve bien ces 2 tendances parmi les militants de la cause animale: la méthode Luther King ou la méthode Malcom X. Pour ma part, je partage pleinement les valeurs et la démarche de L214 – tout en admirant le courage de nos compagnons de 269 Life par exemple. A chacun sa suite numérique préférée. Question stratégie, y aurait-il matière à chronique sur le
    dentrifice d’Henry Spira?

  6. AAHAHA j’adore ton écriture, tu m’as bien fait rire !

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