Super-Vegan est potentiellement un super-vilain

Il existe sur le web des endroits où les végétariens n’osent pas sortir le soir, en tout cas sans taser ou spray au poivre. Pas parce qu’ils risquent de se faire tabasser par des mangeurs de viande : ceux-là sont trop occupés à leur balancer des blagues sur la souffrance des courgettes en rigolant comme des baleines. Mais c’est assez.

Non, l’ennemi naturel du végétarien, c’est le vegan. Vegan qui est parfois d’ailleurs l’ennemi du vegan lui-même. Et du réductarien. Et du flexitarien. Et d’à peu près tout ce qui ne relève pas du véganisme « parfait ». J’attends avec impatience que quelqu’un fasse un film de super-héros ou de vigilante à la Watchmen, où un justicier vegan du nom de John Fiber arpenterait les rues de San Francisco et assassinerait les flexitariens en les étranglant avec un keffieh en coton bio.

Quand je vois des végétariens se faire insulter sur des forums parce que ce sont, pour résumer, des traîtres, des faibles, ou des nazis, cela me désole. Il est important de montrer que nous sommes des gens ouverts, sympas, et emplis d’empathie. Et cette empathie ne se dirige pas que vers les animaux non-humains, mais aussi vers les humains, surtout lorsqu’on voit qu’un individu est « sur la bonne voie » et qu’on peut l’aider à « aller plus loin ». J’aime bien mettre « des guillemets » parce que ça donne « de la contenance ». Hum.

Des gens quittent les forums ou groupes en question, et c’est dommage. Pas parce qu’ils ont eu de la peine et qu’on n’a pas respecté leur sensibilité : c’est très accessoire. Mais parce que, du coup, ils n’ont pas trouvé l’aide qui aurait pu leur permettre de continuer dans leur démarche « véganisante » et risquent de laisser tout tomber en bloc, comme tant de gens avant eux. On s’est sans doute privé d’un allié dans notre lutte contre l’exploitation animale.

Ce ne sont pas les animaux qui vont se libérer eux-mêmes, ces feignasses. C’est nous, homo sapiens, qui portons la lourde responsabilité de corriger nos putains de conneries et de revenir à un stade où on leur foutait plus ou moins la paix. Bon, et possiblement les dauphins aussi parce qu’ils vont dominer le monde en 2042, mais c’est une autre histoire. En tout cas, on a besoin de tout le monde, vegan, végétariens, et même omnivores-bienveillants-et-curieux-en-phase-de-transition.

Exclure des gens parce qu’ils ne « font pas assez » est contre-productif. La sensibilisation et l’éducation ne se font pas à coup de « sale bouffeur de lait, tu violes les vaches et enlèves leur veaux » ou « ce vin utilise de la gélatine, tu ferais aussi bien d’éventrer un porc toi-même et de danser sur son cadavre chaud ».

Ce n’est pas une guerre pour savoir qui est le vegan le plus pur ou qui a la plus grosse. Réserve de B12, j’entends.

Je l’ai dit à plusieurs reprises, la perfection, ici comme ailleurs, n’existe pas. Il est sans doute important de s’améliorer, et c’est même pour moi une obligation morale de faire le plus de bien possible. Mais certains ont besoin de plus de temps que d’autres, d’incitations différentes. Le coup de pied au cul peut en faire partie, le crachat dans la gueule non.

Un vegan proche de la perfection dans son mode de vie mais qui ne sait pas communiquer, qui donne une mauvaise image des autres, du mouvement, de la communauté, du club (appelez ça comme vous voulez), fait du mal aux animaux. Probablement beaucoup plus de mal que le bien qu’il fait en n’en mangeant pas. Des gens demandent souvent de l’aide sur des forums vegan, parce qu’ils ont du mal à tenir jour après jour leur régime. Parfois, ils se font insulter et traiter de moins que rien parce que pour eux, ce n’est pas si facile. Comme si l’on devait juger leur niveau de pureté ou d’engagement. Les animaux s’en foutent bien, de ça.

En ne soutenant pas les évolutions pas à pas, on fait du tort aux animaux, alors que c’est en définitive eux qui comptent. Si, dans un univers parallèle, il me suffisait de manger un kilo de fromage pour mettre fin à toute l’exploitation animale, je le ferais sans hésiter. Bon, dommage, c’est plus compliqué dans la réalité. Mais vous voyez ce que je veux dire : il faut s’intéresser aux conséquences de ce que l’on fait, et opter pour la solution la plus bénéfique.

Si un individu dit ne pouvoir devenir végétalien parce qu’il aime trop le miel, soit ! Il vaut mieux qu’il garde le miel et enlève tout le reste plutôt qu’il continue comme avant. Et je suis sûr, mais sûr, qu’il finira aussi par arrêter le miel, de surcroît.

Toutes choses égales par ailleurs, trois demi-vegan ou une poignée de flexitariens ont plus d’impact qu’un vegan, fût-il le plus « pur » possible. Genre le niveau où on est tellement vegan qu’on se coupe de temps en temps des doigts de pied pour nourrir les chiens et qu’on refuse de regarder Jurassic Park parce qu’ils font du mal aux dinosaures dedans. Genre, le mec qui va se sacrifier en se donnant à manger aux requins parce que comme ça il enlève un humain de l’équation et en plus nourrit des animaux. Genre Super-Vegan.

Bah si le nemesis de Super-Vegan, je sais pas moi… Docteur Tartare, qui mange un tartare de veau tous les samedis avec sa femme, heu… Professeure Gigot (elle tiens à la féminisation du titre), donne un million d’euros à L214, il aura sans doute plus fait pour les animaux que Super-Vegan. Qui pourtant, rappelons-le, ne mange rien qui projette une ombre. Et a déménagé parce qu’il habitait trop près de la station de métro Poissonnière à Paris.

Il ne faut pas oublier qu’avant d’arrêter la viande, le poisson ou le lait… nous en consommions tous. Ce qui paraît facile aujourd’hui ne l’a pas toujours été. Par ailleurs, je veux bien croire que certains ont eu un déclic, un jour, et tout leur a paru clair. Mais, je l’ai déjà signalé, pour la plupart des gens, cela fonctionne par étapes. Et on aide déjà les animaux en réduisant sa consommation de viande, ou en donnant de l’argent à des associations qui militent pour la protection des animaux (sans doute pas ceux qui en ont le plus besoin, mais c’est déjà ça). Ne pas être vegan ne signifie pas ne rien faire pour les animaux et être « l’ennemi ». C’est très dommage, certes, ça reste selon moi, du strict point de vue de l’éthique personnelle, une erreur, mais ce n’est pas pour ça qu’il faut empirer les choses en décourageant les gens.

Attention : je ne cautionne pas, loin s’en faut, le fait d’entretenir des mythes sur le bio salutaire ou des élevages « humains » qui respecteraient les animaux. Il est important de montrer aux gens qu’il n’y a pas d’exploitation animale justifiée ou sans souffrance. Toute démarche welfariste ne doit être qu’une étape vers l’abolition. Dans notre communication, il est important de parler de cela, de ne pas cacher qu’améliorer les conditions de vie des vaches laitières ne peut être qu’un pis-aller (hahaha). C’est aller vers le mieux, ou le moins pire.

En bref : oui, je crois qu’il faut, éthiquement parlant, être végétalien. Mais ce n’est pas une fin en soi : la fin est la suppression de l’exploitation et de la souffrance des êtres sensibles humains ou non humains, et il faut encourager chaque démarche y participant. Alors faisons des bisous aux végétariens et allons plutôt taper sur les abattoirs et les marineland.

41 Comments on "Super-Vegan est potentiellement un super-vilain"

  1. Voilà qui est bien dit et fort intelligent! Merci. Une ancienne végétarienne, nouvellement végétalienne. (Comme vous l’avez dit, le bannissement total de tous produits d’origine animale a fini par s’imposer naturellement)

  2. Enfin une mise au point vraie et équilibré !

  3. vous avez raison !
    moi , je m’énerve automatiquement maintenant. flexitarien? pesco ovo vegetarien?
    je ne sais pas, c’est peut être parce que ça va bientôt faire 3 ans que je me fait basher (famille et autre) sur mon veganisme. je n’ai plus de patience, je n’arrive plus a essayer de comprendre. du coup je m’enerve. c’est pas pour faire du mal a ceux qui veulent essayer, mais c’est comme si il y avais un trop plein qui déborde.
    faut plus que je parle a personne, faut que je m’isole x)

    • C’est difficile, c’est sûr. On se prend suffisamment de réflexions de gens qui ne nous comprennent pas pour que ça nous pousse parfois à bout. Mais il faut toujours se dire que motiver les autres, les aider à aller plus loin sans les brusquer, ça fait aussi partie de nos « responsabilités », un peu comme ne pas manger de viande, tout simplement. C’est pour les animaux. Il faut, selon moi, voir le progrès derrière ces « modes » ou styles de vie plutôt que les imperfections, qu’on peut néanmoins tenter de corriger progressivement.

      Je n’ai pas de recette miracle, malheureusement, mais ne vous isolez pas, ou alors au soleil, pour la vitamine D 😉

  4. Ouf, un article qui fait tellement de bien !
    C’est vrai que j’en ai assez d’entendre de la part des omnis que ce serai « trop radical » d’arrêter les produits laitiers. Et assez d’entendre de la part de véganes que si je mange du fromage uniquement à l’extérieur, alors je ne suis quand même pas une « vraie ».
    Personnellement, je n’utilise pas le mot « végane » en présence d’omnis car c’est limite un gros mot parfois. Je le remplace par « végétal ». Genre: « Bonjour, vous avez de la glace végétale? » ou « sans lait ni oeufs ».
    Je n’assume pas ce mot à cause de la pression alors qu’on devrait s’en foutre et tous s’aimer, non?

    • Merci ! Je suis assez partisan de l’utilisation de « vegan » pour qualifier des plats/produits plutôt que des gens, en fait. Pour raccourcir, j’utilise les deux dans mes articles, afin d’éviter d’avoir recours à des périphrases telles que « personne ayant une alimentation et un mode de vie excluant tous les produits d’origine animale », mais je me sens plus comme quelqu’un qui « mange vegan » que quelqu’un qui « est vegan ». Ça entretient une sorte de mythe selon lequel les aliments vegan sont réservés aux vegan, comme les aliments halal sont réservés aux musulmans (alors que c’est idiot, au fond). Mais tu as raison, on devrait s’en foutre ! 😉

  5. Excellent article ! Keur keur sur vous, comme disent les jeunes :p

  6. Merci,merci beaucoup pour ce texte parfait où tout est dit .Il faudrait penser à le republier tel quel,de temps en temps,un peu comme un classique de base…
    Et on peut dire qu’avec un seul texte ,vous avez sans doute fait beaucoup pour les animaux…

    • C’est très gentil ! Je veux juste participer à mon niveau : je ne pense rien dire de très original ou révolutionnaire, mais j’essaye de faire des textes un peu rigolos parce que ces questions sont assez peu légères d’ordinaire ! En tout cas, mon chat m’a même pas remercié, l’ingrate.

  7. Très amusant comme article, j’aime bien la référence à H2G2 (voulue?). Beaucoup d’humour. Il faut parfois des années pour arrêter le fromage les oeufs et le beurre, c’est un processus long, il faut s’adapter, pour faire les courses, la cuisine… il n’y a pas de magasins vegan partout. Devenir vegan ne se fait pas en un jour! C’est un peu la honte pour des vegans qui prétendent protéger la vie et revendiquer la non violence d’agresser verbalement des végétariens… un peu comme si Yoda faisait exploser la tête de skywalker avant de lui avoir appris à utiliser la force!

    • Oh que oui voulue (je mets souvent des petites références « cachées » : bravo d’avoir trouvé celle-là) 😉

      « Le côté obscur du véganisme, redouter tu dois. »… Et merci !

  8. Bien dis l’essentiel c’est qu’on le fait pour les animaux que ce soit végétarien ou végétalien ou autre

  9. Salut,
    J’aime beaucoup vos propos, et la haine que j’ai pu rencontrer sur les sites parlant de véganisme ne me donne pas envie d’en faire partie. Et même si un jour j’arrêtais totalement tout produit d’origine animale de mon alimentation, je ne me considèrerais pas comme un Vegan. Vegan, c’est sectaire, nazi etc.. ça ne cherche même pas à comprendre que dans notre monde si le miel devient interdit, il n’y aura plus personne pour garder des abeilles en vie parce qu’elle ne rapportent rien sans leur miel et que le monde capitaliste TUE les espèces qui lui sont inutiles. Mais ça ne sert à rien de commencer cette phrase, parce qu’on n’est pas pur et que même si on commence et qu’on veut savoir comment ça se passe et comment on fait pour remplacer tel ou tel truc, on se prend toujours dans la gueule que si on ne stoppe pas tout d’un coup, on est une sombre merde.
    Ce qui, médicalement parlant est une grosse connerie. Tout comme pour la motivation. J’ai essayé trois semaines, de tout stopper. J’ai recommencé le fromage. Les étapes c’est important pour certains. Déjà parce qu’on ne sait pas ce qui est bon. Prendre du plaisir à manger c’est aussi essentiel que se sentir « propre » après avoir mangé.
    Je déteste les faux « steaks » de tofu, les faux mages etc… Il m’a fallut du temps avant de trouver les aliments que j’aime ET qui ne font pas semblant d’être des aliments omnivores.
    Et pour trouver ça, au lieu d’avoir des conseils de la part de l’élite végane nazie qui traîne sur les forums pour savoir qui est le plus pur, j’ai attendu que ma compagne fasse elle même ses propres découvertes, de sorte qu’aujourd’hui elle a toujours un tour d’avance sur moi concernant l’abstinence animale, mais au moins, j’ai quelqu’un qui m’aide et qui me donne envie, me rend fier de mes efforts et me donne envie de les continuer, tout en me permettant de me forger ma propre opinion de ce qui est bien ou mal, sans suivre une « idéologie » qui tend vers autant de consommation de masse que ce qu’on fait actuellement, mais sans les animaux.
    Un jour je ne mangerai plus aucun produit d’origine animale, j’aurai mes ruches pour qu’il y ait toujours des abeilles et tout ça, aucun végan ne pourra s’en attribuer le mérite.

    • Salut à vous !

      1) Vegan en tant que tel n’est pas sectaire, je pense. C’est un terme qui peut, comme bien d’autres, être utilisé à plus ou moins bon escient. En tout cas, il est marqué, et de plus en plus parce que l’on gagne en visibilité (ce qui est au fond une bonne chose, mais il faut la gérer avec soin). Un vegan et un végétarien partagent un objectif, et c’est dommage de se taper dessus 😉

      2) Attention de ne pas mélanger « vegan » et « abolitionniste extrémiste » ! Dans les « vegan » que vous dénoncez, je reconnais certains abolitionnistes extrémistes (tous les abolitionnistes en sont pas extrémistes non plus) que j’ai pu croiser sur des groupes ou forums (malheureusement), mais tous les vegan ne sont pas comme ça ! Je ne connais pas votre parcours de vie, mais en tout cas, un vegan, stricto sensu, est quelqu’un qui exclut les produit d’origine animale de son mode de vie. Après, il y a des cons, il y a des gens très biens, des militants salauds, des militants sympa et pragmatiques…

      3) Pour l’exemple du miel, comme pour tant d’autres, c’est un sujet complexe : les conséquences d’un « monde vegan ». Je ne pense pas qu’au stade où l’on en est (exploitation massive des animaux et capitalisme financier), on puisse prévoir toutes les conséquences d’un « monde vegan ». En tout cas, il me paraît évident que le changement des mentalités devra être accompagné par un changement de système politique et économique. D’autant plus qu’abolir l’exploitation des animaux, c’est aussi abolir l’exploitation des humains ! Et il ne me paraît pas utopique de penser, qu’à terme (pas demain), un monde où l’on foutrait la paix aux abeilles et aux humains pourra exister.

      4) Sur la motivation : absolument, le plaisir est important, sinon on n’a pas l’énergie de lutter de toute façon. Si on devait ne manger que de la salade verte, on aurait du mal à motiver les gens ;-).

      5) Bravo alors (et merci) à votre compagne, qui m’a l’air d’avoir une démarche pragmatique ! Il y a des groupes ou des forums sympa sur internet, où l’on conseille, guide, explique et ne crache pas sur les gens. Mais si vous avez votre propre coach, c’est sans doute beaucoup mieux ! 🙂

      Merci à vous.

  10. Merci! J’ai moi aussi parfois l’impression d’être jugée, mais des deux côtés en fait… Par les omnis parce que je ne mange plus de viande, par les végétariens parce que parfois je mange encore du poisson (jamais plus chez moi, mais ça m’arrive en société… Pauvre de moi!). Une chose à la fois dans mon cas, je passerai le cap quand je serai prête à lutter et assez forte pour ne plus me laisser bouffer de l’intérieur par les critiques et la société. Ca risque de ne plus tarder, mais on ne peut pas être parfait du premier coup, chaque effort consenti est un pas vers le bien être animal 🙂 Merci!

  11. Bonjour,
    J’aime beaucoup votre article. J’ai d’ailleurs créer un groupe facebook pour omnivore, végétarien, végétalien & vegan pour aider les personnes dans leur transition. Tout ça dans la bienveillance et sans jugement.
    Merci beaucoup 😉

  12. Ah oui, il y a quelque chose qui s’appelle « la pédagogie ». Et ça, si tu veux éveiller les gens à quoique ce soit (enseignement scolaire, artistique,…) il est nécessaire.
    Tu as beau être le plus parfait musicien, si tu n’as pas de pédagogie, tu ne transmettras rien. Et pour que d’autres arrivent à ton niveau, il faut transmettre avec pédagogie.
    Végan aigri dans ton coin, le véganisme s’éteindra avec toi.

  13. Pendant une fraction de seconde j’ai cru que vous dézinguiez ce petit restaurant Parisien qui s’appelle aussi Super Vegan ^^ »
    Une possibilité de rectifier le tir ou de préciser même si bien entendu on comprend tout à la lecture de l’article ..

  14. Moi aussi j’ai souffert de ces deux « rejets », autant des omnis que des vegan. Après quelques années d’errance psychologique sur le sujet, je m’assume aujourd’hui comme « vegan-friendly ». C’est à dire que je connais à peu près tout de la philosophie et des produits/astuces de cuisine veganes, mais refuse catégoriquement d’en faire une religion. Si une forte envie d’oeuf ou de poisson me prend une fois de temps en temps et/ou que l’occasion se présente (repas de famille, restau, voyage à l’étranger avec plats dont on ne connait pas bien les ingrédients), je refuse de me contraindre et de me frustrer à l’extrême (je l’ai fait au début, ce qui a failli me rendre agressive envers les autres). Le résultat d’assumer cette « ouverture » (ou cette imperfection veganesque, au choix) c’est que même si je me prends toujours des réflexions de gens incapable de supporter qu’on ne rentre pas dans une « case unique », je partage aussi avec de nombreuses personnes non initiées discussions, recettes et produits vegan de mon frigo, et réussi parfois à adoucir même les plus récalcitrants. Quand on accepte les gens tels qu’ils sont avant d’essayer à tout prix de les juger/changer, ça avance beaucoup mieux.

  15. Super bien écrit, très constructif et pacifiste ! Je suis vegan et c’est vrai que j’ai parfois tendance à lever les yeux au ciel quand quelqu’un me dit qu’il est végétarien…

    Ma mission prochaine donc être plus indulgente ^^ Car tu as raison, c’est souvent contre productif ! Merci pour cet article 🙂

  16. En effet ce n’est pas dans le rejet qu’on va avancer.

  17. Hey salut ! J’aimerais bien vous interviewer pour le site fier-panda.fr, est-ce possible ?

  18. Drôle, constructif, intelligent et bien argumenté. Qui plus est, ça me parle beaucoup, car c’est malheureusement un travers dans lequel je peux bien vite tomber (critiquer un végé parce que ça n’a « pas de sens » de mon point de vue d’arrêter la viande mais pas le lait) ; alors que je pense, comme vous, que c’est un comportement à éviter à tout prix.

    Bref : merci !

  19. Les vegans qui crachent sur tous ceux qui ne sont pas comme eux, en oubliant effectivement qu’hier ou avant-hier, ils étaient comme ceux sur lesquels ils crachent, voire pire, tout ça par ordinateur interposé me font doucement rigoler. Ils semblent en effet avoir oublier la définition du veganisme, à savoir « le refus de tout ce qui entraîne l’exploitation des animaux HUMAINS et NON-HUMAINS. » Le simple fait de posséder un ordinateur ou un smartphone n’est donc pas vegan, puisque ces appareils sont tous issus de l’exploitation d’animaux humains. A cela, on nous répond « oui mais moi,les humains, je m’en fiche ». Ok, c’est leur droit. Mais qu’ils ne s’identifient pas comme « vegan ».
    Je me suis fait descendre en flèche sur des groupes vegans FB, parce que je « mange les règles de mes poules » et que « je laisse mes chats se reproduire pour faire de belles photos des chatons ».
    Mes poules sont toutes des poules sorties des cages. Je ne leur donne pas de granulés « spécial poules pondeuses », j’ai même fait faire des piqûres d’hormones (pas vegan) à certaines pour leur offrir une trêve dans la ponte, tant leur canal de ponte était irrité (peu de temps après leur sortie des cages). Alors oui, je mange leurs œufs (les poules n’ont pas de règles, leurs œufs sont des ovules), seulement quand elles ne le font pas elles-mêmes (les poules ne sont pas veganes, elles mangent leurs bébés !!!!!!!!!). Je trouve ça plus intelligent que les jeter (comme font certains vegans).
    Je nourris et soigne les chats errant de tout le quartier. Si je les fais stériliser quand c’est possible, il y a des portées qui naissent, ou qui arrivent toutes poussées. Alors oui, on a une cabane pour les chats errants, ou des mères viennent faire leurs petits. Je fais alors des photos. Quand les bébés ne sont pas trop sauvages, on les fait stériliser à leur tour quelques mois plus tard. Pour certains vegans, c’est pas bien, apparemment.
    Avec leur conneries, ils en sont arrivés à presque me donner envie de rebouffer de la viande. J’ai quitté le groupe.
    Il y a quelques mois, j’ai vu un appel au MEURTRE des VEGETARIENS, sur un groupe vegan !!!!
    Certaines personnes ne comprennent manifestement pas que si le monde évolue, il n’évolue pas unilatéralement au même rythme que leur propre personne. Heureusement, certains ont évolué plus vite qu’eux 😉

  20. Je viens de lire ça dans les commentaires : « Je suis assez partisan de l’utilisation de « vegan » pour qualifier des plats/produits plutôt que des gens, en fait. »

    Désolé de faire mon super végan mais une mise au point s’impose car les mots sont importants.

    Dans le végétarisme au sens large il existe 3 notions de base : le végétarisme, le végétalisme et le véganisme. Les 2 premières désignent un régime alimentaire, tandis que la dernière désigne un mode de vie, elle ne devrait pas être employée dans le domaine de l’alimentation. Utiliser le mot vegan à toutes les sauces (!) est regrettable car cela tend à éluder l’importance de mener la réflexion au-delà de l’alimentation.
    Voilà, c’est dit !

    • Tu as évidemment raison, en fait 😉

      Mais pour moi, justement, la réflexion doit de toute façon se mener au-delà de l’alimentation (bon, on est d’accord aussi), et c’est pour ça que j’aime bien l’anglais. Parce qu’en anglais, on mange vegan et on est vegan. C’est vrai qu’en français on mange végétalien, et que végétalien et vegan, c’est pas tout à fait pareil. Disons que je suis davantage partisan de l’acception anglaise, parce qu’elle est plus polyvalente.

      Mea culpa, je fais un raccourci, c’est vrai 😉

  21. Excellent billet, ça fait bien plaisir de voir ce sujet résumé posément, avec autant d’intelligence, une pointe d’humour et une maîtrise habile de l’hyperbole qui aide bien à faire comprendre l’ordre des priorités et la nécessite d’être pragmatique dans notre combat.

    Je partage avec plaisir, car il est grand temps que ces vérités incontestables finissent par entrer dans la tête de tout le monde, et par revenir aux oreilles des principaux intéressés qui sont entrain de nuire à notre crédibilité, particulièrement en ce moment…

  22. Pour repondre au commentaire de « test » du 16 juillet 2016 comme quoi oh non il ne faut pas employer le mot vegan au sujet de la nourriture. C’est du super veganisme et je suis bien content d’utiliser le mot vegan en parlant des plats, par contre je ne l’utilise pas en parlant des gens. Il m’importe que les gens fassent des choix veganes plus souvent. Le coup du veganisme etant un tout, une ideologie complete et tout ca, j’en ai rien a battre. Ce qui m’importe c’est d’aider les animaux.

  23. Vincent Saint-Aubin | 8 juillet 2017 at 14:19 | Répondre

    Je suis entièrement d’accord avec la nécessaire tolérance envers les autres formes de bienveillance, quelle que soit la forme qu’elle prend. Elle permet en effet le dialogue et l’approfondissement d’une réflexion qui va à l’encontre des habitudes courantes, considérée comme évidentes et donc impensées. Mais j’ai une autre difficulté. Quand je sais que les gens que je considère comme des amis et avec qui j’ai j’ai des liens affectifs forts mangent des animaux, et pire, quand je suis amené à partager leur table (même s’ils respectent mes choix et acceptent sans ironie que je mange végétalien parmi eux), j’éprouve un malaise très douloureux. Je suis assailli par les images associées à ce qu’ils mangent, je vois tous ces animaux torturés, désespérés, massacrés, je suis submergé par l’empathie vis-à-vis de toute cette souffrance. J’ai beau me dire que mes amis sont seulement inconscients, mal informés, j’ai du mal à rester détendu et sociable et j’ai tendance à éviter ces situations; ce qui nuit à ma vie sociale. Le fait de voir une jeune femme qui m’attirait pourtant beaucoup manger des cuisses de grenouilles, a coupé court à mes désirs!
    Souvent, on me pose des questions sur les raisons de mes choix végans, et je peux rapidement donner quelques explications simples qui portent d’autant plus qu’elles ont été sollicitées. Le plus difficile est de trouver le bon réglage dans l’évocation de l’horreur associée à l’exploitation des animaux sans heurter la sensibilité ou sembler accuser lourdement. Ainsi, j’ai souvent le plaisir de voir mes arguments qui ont percollés doucement dans les esprits, repris quelques semaines plus tard par mes interlocuteurs comme s’ils venaient d’eux.
    En plus, en effet, les vegans ne me sont pas tous sympathiques, le sujet du véganisme n’est pas mon centre d’intérêt exclusif, ni mon sujet de conversation favori.

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